Accueil » Actualités » Ai-je le profil pour la prépa?

Interviewé par la rédactrice en chef du Figaro Étudiant, Eric Cobast, professeur universitaire, donne ses conseils pour s’organiser et travailler efficacement.
Selon lui, il n'y a pas un profil type pour aller en prépa. Certains n’avaient pas le profil et ont pu intégré les meilleures écoles, et d'autres avaient le profil mais n’ont pas pu les intégré.
Pour augmenter ses chances de réussite, il faut aimer étudier, aimer lire, écrire mais aussi avoir un emploi du temps et savoir s’y tenir, être ponctuel, avec une charge de travail régulière. Et puis, il faut aimer le lycée et la vie scolaire. 
Toutes les heures sont scandées par la sonnerie. À la fac, même si vous arrivez en retard, il est rare qu’on vous refuse l’accès d’un amphi de 500 places. Lycée et universités sont deux univers différents, deux ambiances différentes, qui peuvent en effet, correspondre à deux envies différentes, peut-être deux profils sans doute. On peut dire que la prépa demande une certaine disposition à la «soumission à l’autorité».
Eric conseille aux étudiants d'éviter le perfectionnisme, car ils n’ont pas suffisamment de temps pour «tout faire» et pour «bien faire». La journée passe très rapidement. Elle commence tôt le matin, et se termine tard le soir. Les élèves ont des khôlles tous les jours, c’est-à-dire des interrogations orales, et des examens blancs qui peuvent être parfois anxiogènes. Les vacances sont souvent amputées. C’est loin d’être l’enfer, mais il est vrai qu’il y a une charge de travail très lourde. Il faut essayer de faire de son mieux sans penser à la perfection. Ce qui oblige à lâcher prise. On est dans un rapport au temps qui est particulier. En maths par exemple, il arrive que les exercices soient tellement longs, que même le meilleur élève ne peut pas les achever. Et certains, sans même les avoir terminés.
Les deux années sont très différentes. La première est vraiment une année de découverte, d’adaptation. Il y a un saut entre la classe de terminale et la première année de prépa et il ne faut pas aller trop vite. Cette première année doit se vivre avec sérénité, et on doit prendre le temps de découvrir les exercices des concours. Cette première année est rythmée par les concours blancs, qui sont des semaines banalisées où les étudiants font semblant de passer leurs concours. Il peut y en avoir trois la première année.
La deuxième année c’est différent, car l’année passe à une vitesse folle. Il ne faut pas s’économiser et donner le maximum. Malgré cette charge de travail, il faut consacrer une demi-journée par semaine à une activité non scolaire. Ce n’est pas forcément du sport, car tout le monde n’est pas sportif. Cela peut être de la musique, de la danse ou du théâtre. Il ne faut pas y renoncer. C’est important pour se changer les esprits mais aussi pour les oraux. Quand on demande à un candidat à quoi il consacre ses loisirs, bien souvent il répond qu’il n’a pas le temps de faire autre chose que travailler. Ce n’est pas un bon signal donné à l’examinateur. Cela montre qu’on n’est pas ouvert sur l’extérieur. Et puis qu’on est débordé. Ce qui est vrai mais autant ne pas l’admettre!